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Louison Bobet, fondateur de la thalassothérapie

11 mai 1964 – Sur la pointe de Goulvars, à l’ordinaire désertique, règne une agitation pacifiquement contrôlée par les gendarmes et les pompiers de la Presqu’île. Une foule nombreuse et disparate se presse pour vivre le nouveau défi d’un homme encore jeune (il a trente huit ans) dont elle a scandé le nom sur les routes de France et de Navarre. Ce jour-là, Louison Bobet inaugure son Institut de Thalassothérapie de Quiberon.

Après Bobet Champion, c’est Bobet Quiberon. Deux ministres président la cérémonie : celui d’avant, le ministre des sports Maurice Herzog et celui de maintenant, le ministre de la santé Raymond Marcellin. Un cortège de célébrités parisiennes, arrivé par avion spécial, a rejoint celui des notables du département et de la région. Louison Bobet fait les honneurs de son établissement en compagnie de Victor Golvan, le sénateur-maire, qui a soutenu le projet tout au long de sa réalisation. Il déploie tout son charme et son enthousiasme pour convaincre ses convives du bel avenir de son aventure que certains jugent périlleuse sinon improbable. Ceux-là ont tort.

 

Fonçant de plus belle, Louison Bobet obtient bientôt de la commune le permis de construire deux hôtels Sofitel directement reliés à l’Institut. En 1973, pour sa dixième année d’activité, l’Institut accueille dix mille curistes pour une durée de treize journée-cure, soit un total de cent vingt mille nuitées pour parler en langage touristique. L’emploi et l’économie quiberonnaise profitent de cette embellie.

 

Quiberon est à la mode. Les vedettes de l’actualité, politique, sportive ou culturelle viennent « chez Bobet » pour se soigner ou se remettre en forme. La Thalassothérapie moderne, concept mêlant plaisir et santé, se répand peu à peu partout en France.

 

Louison Bobet

C’est le temps pour Louison Bobet d’assouvir sa troisième passion. Après Bobet champion, Bobet Quiberon apparaît Bobet-Aviation. Propriétaire d’un avion et d’un brevet de pilote deuxième degré dès 1956, il obtient en 1971 la qualification de pilote professionnel l’autorisant à voler par tous les temps. Il acquiert un nouvel avion, un bimoteur à bord duquel il va se permettre toutes les audaces. En compagnie de son fils, commandant de bord à Swiss Air, il traverse l’Atlantique à deux reprises.
A Quiberon, avec l’Aero-club local, il décide de l’allongement et de la construction en dur de la piste d’atterrissage.
Il crée sa propre compagnie Thalass Air pour transporter les curistes de Paris à Quiberon.

 

Cependant, il quitte la Bretagne pour créer un autre Institut de Thalassothérapie à Biarritz en 1979. Là encore, le succès de fréquentation est rapidement assuré mais il n’a pas le temps de s’en réjouir. Il est brutalement frappé d’un mal implacable. Il meurt à l’âge de cinquante huit ans sans avoir réalisé les projets qu’il nourrissait encore. Face à la stupéfaction et au chagrin des Français, un journal parisien a titré sobrement « Bobet s’échappe ». Comme au temps de sa splendeur.